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Vérifier une entreprise marocaine avant de contracter : forme juridique, capital, dirigeants et historique au Bulletin Officiel

Vérifier une entreprise marocaine avant de contracter : forme juridique, capital, dirigeants et historique au Bulletin Officiel

Vérifier une entreprise marocaine avant de contracter : forme juridique, capital, dirigeants et historique au Bulletin Officiel

Avant de contracter avec une société marocaine, vous devez vérifier son existence légale, sa forme, son capital, ses dirigeants et son historique. Voici comment procéder, étape par étape, avec les textes précis qui encadrent chaque vérification.

1. L'immatriculation au registre du commerce : la première vérification

Toute personne physique ou morale exerçant une activité commerciale au Maroc doit être immatriculée au registre du commerce. C'est le fondement de l'identité légale de l'entreprise.

Article 37 du Code de commerce (loi n° 15-95) : « Sont tenues de se faire immatriculer au registre du commerce toutes les personnes physiques et morales, marocaines ou étrangères, exerçant une activité commerciale sur le territoire du Royaume. » L'obligation s'étend aux succursales, agences, représentations commerciales et groupements d'intérêt économique. Code de commerce, art. 37

Comment l'appliquer : Avant tout contrat, demandez à votre cocontractant son numéro d'immatriculation au registre du commerce (RC) et le tribunal auprès duquel il est immatriculé. Ce numéro figure obligatoirement sur ses factures, bons de commande, lettres et autres documents commerciaux.

Article 49 du Code de commerce : « Toute personne assujettie à l'immatriculation au registre du commerce est tenue de mentionner dans ses factures, lettres, bons de commande, tarifs, prospectus et autres papiers de commerce destinés aux tiers, le numéro et le lieu de son immatriculation au registre analytique. » Code de commerce, art. 49

L'effet juridique de l'immatriculation est déterminant pour vos droits :

Article 61 du Code de commerce : « Seuls les faits et actes régulièrement inscrits au registre du commerce sont opposables aux tiers. » Autrement dit, si un changement (nouveau gérant, augmentation de capital, changement de siège) n'est pas inscrit au registre, la société ne peut pas vous l'opposer. Code de commerce, art. 61

Comment l'appliquer : Si vous contractez avec une personne qui se présente comme gérant mais que sa nomination n'est pas inscrite au registre, la société ne peut pas vous opposer ce changement. En revanche, vous pouvez vous prévaloir des inscriptions existantes.

2. La forme juridique : ce qu'elle vous dit sur la responsabilité

La forme juridique détermine l'étendue de la responsabilité des associés et donc la solidité de votre débiteur.

La société anonyme (SA)

Régie par la loi n° 17-95, la SA est la forme des grandes entreprises. Le capital minimum est fixé par l'article 6 de la loi n° 17-95 : « Le capital social d'une société anonyme ne peut être inférieur à trois millions de dirhams si la société fait publiquement appel à l'épargne et à trois cent mille dirhams dans le cas contraire. » Loi 17-95, art. 6

La société à responsabilité limitée (SARL)

Régie par la loi n° 5-96, la SARL est la forme la plus répandue pour les PME. Le capital minimum est de 10 000 dirhams, divisé en parts sociales d'un nominal d'au moins 10 dirhams, comme l'indique la Note circulaire n° 717 du CGI. Les associés ne supportent les pertes qu'à concurrence de leurs apports.

La société en nom collectif (SNC)

Les associés ont tous la qualité de commerçant et répondent indéfiniment et solidairement des dettes sociales. C'est une différence majeure : si vous contractez avec une SNC, vous pouvez vous retourner contre le patrimoine personnel des associés. Note circulaire n° 717

Comment l'appliquer : Vérifiez la forme juridique dans l'avis de constitution publié au Bulletin Officiel (voir section 4). Une SNC est plus risquée pour vous en cas de défaut de paiement, mais elle vous offre aussi plus de recours.

3. Le capital social : un indicateur, pas une garantie

Le capital social figure dans l'avis de constitution publié au Bulletin Officiel. Il vous donne une indication sur la taille de l'entreprise, mais ne garantit pas sa solvabilité.

Comment l'appliquer : Comparez le capital déclaré avec le chiffre d'affaires annoncé. Un capital très faible pour une activité à fort enjeu financier doit vous alerter. Pour les sociétés cotées ou faisant appel public à l'épargne, le capital minimum est de 3 millions de dirhams (art. 6 de la loi 17-95).

4. L'historique au Bulletin Officiel : la traçabilité de l'entreprise

C'est l'outil le plus puissant pour vérifier l'historique d'une société. La loi impose une publicité au Bulletin Officiel pour les actes essentiels de la vie de la société.

La constitution

Article 33 de la loi n° 17-95 (SA) : « Après immatriculation au registre du commerce, la constitution de la société fait l'objet d'une publicité au moyen d'avis au "Bulletin officiel" et dans un journal d'annonces légales dans un délai ne dépassant pas les trente jours. » L'avis doit contenir notamment : la dénomination, la forme, l'objet social, le siège, la durée, le montant du capital, les noms des administrateurs ou membres du conseil de surveillance, et le numéro d'immatriculation au registre du commerce. Loi 17-95, art. 33

Article 96 de la loi n° 5-96 (SNC, SCS, SCA, SARL) : même obligation pour les autres formes de sociétés, avec les mêmes mentions obligatoires, notamment « les prénom, nom, qualité et domicile des associés » et « des associés ou des tiers ayant le pouvoir d'engager la société envers les tiers ». Loi 5-96, art. 96

Comment l'appliquer : Recherchez l'avis de constitution dans les archives du Bulletin Officiel. Il vous donnera la date de création, le capital initial, les fondateurs et les premiers dirigeants. C'est votre point de départ pour reconstituer l'historique.

Les modifications et la liquidation


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